Thème 4

Bâtir notre avenir sur des fondations modernes et solides

Les pays les plus prospères ont des infrastructures modernes qui assurent un déplacement efficace des biens et des personnes. Ils ont une chaîne de valorisation des innovations bien huilée qui permet de convertir rapidement le fruit de la recherche et du savoir en emplois d'avenir et en solutions exportables. Ils ont des secteurs en émergence augurant de succès futurs.

recommandations

# 10

Construire des infrastructures de meilleure qualité, à meilleur coût et plus rapidement avec une autorité claire en planification et une agence spécialisée en réalisation des travaux pour bâtir et entretenir nos infrastructures selon les meilleures pratiques

Le Québec doit parvenir à bâtir des infrastructures de qualité dans le respect des budgets et des échéanciers. L’enjeu est majeur considérant les sommes en jeu, plus de 88 milliards d’investissements publics au cours des 10 prochaines années, et l’ampleur des inconvénients de ces chantiers qui s’étirent pour les citoyens. Les travaux du Conseil ont clairement démontré que ceux qui réussissent le mieux en ce domaine stratégique ont mis en place une approche similaire : ils ont séparé en deux organisations distinctes les fonctions planification et réalisation. Le Québec doit s’en inspirer.

 

Le Conseil recommande :

  • De placer sous l’autorité du Conseil du trésor un bureau permanent de planification à long terme (30 à 50 ans) des infrastructures qui aura la responsabilité d’évaluer les projets et de les prioriser.
  • De mettre sur pied une agence de réalisation des grands ouvrages (plus de 100 millions de dollars) qui sera responsable de la supervision des travaux, du bon déroulement des chantiers, du respect des budgets et des échéanciers, et de l’application des meilleurs standards éthiques.

Cette séparation des fonctions est notamment en place au Royaume-Uni, en Ontario, en Australie et en Écosse. En agissant de cette façon, le Québec en aura plus pour son argent, la qualité des ouvrages sera améliorée, de même que leur entretien, des solutions plus innovantes pourront être explorées, la notion d’imputabilité et de reddition de compte sera renforcée.

# 11

Refonder la relation entre les entreprises et les centres de recherche appliquée pour que notre savoir scientifique participe pleinement à notre prospérité, et pour que les entreprises voient l’innovation comme la réponse à des problèmes d’affaires

L’effort en recherche et développement du Québec représentait 2,44 % du PIB en 2014, plus que partout ailleurs au Canada. À un tel niveau d’investissement, le Québec devrait avoir l’une des économies les plus innovantes au monde. Or, ce n’est pas le cas.

 

L’analyse du Conseil a mis en lumière une relation peu productive entre les entreprises et les centres de recherche appliquée. D’un côté, des entreprises voient l’innovation comme une activité non prioritaire et de l’autre, des centres de recherche appliquée, largement subventionnés, ne sentent pas la nécessité d’aller chercher des contrats et de les mener à terme.


Le Conseil recommande de changer la culture de cette relation :

  • En faisant valoir que l’innovation est un devoir prioritaire des entreprises et la solution à des problèmes d’affaires;
  • En instaurant une gouvernance centralisée des centres de recherche appliquée où les entreprises assumeraient un leadership;
  • En regroupant certains centres pour accroître leur masse et leur expertise;
  • En imposant un niveau d’autofinancement minimal de 50 % aux centres de recherche.

 

Cette recommandation éminemment stratégique vise à mieux valoriser l’innovation et à accroître la contribution à notre prospérité de l’excellence scientifique du Québec. Elle est inspirée par les Fraunhofer allemands, réputés mondialement, et par les Centres collégiaux de transfert de technologie (CCTT) qui sont un exemple bien québécois d’efficacité en matière d’innovation.

# 12

Créer au Québec le plus important écosystème d’intelligence artificielle en Amérique du Nord et développer une force de travail en ce domaine pour enraciner ce créneau et hisser le Québec au rang des principaux concepteurs, utilisateurs et exportateurs de solutions d’intelligence artificielle

Le Québec est regardé avec fascination pour son savoir en intelligence artificielle. Des scientifiques de chez nous, parfois venus d’ailleurs pour travailler au Québec, ont réalisé des percées futuristes, notamment dans le domaine précis de l’apprentissage profond, lié, par exemple, à la reconnaissance vocale et à l’automobile autonome. Pour la première fois dans notre histoire récente, le Québec a la chance d’être là, au moment de la naissance d’un extraordinaire filon de savoir et de développement économique. Les gouvernements du Québec et du Canada y investissent, soutenant la recherche et l’innovation. Une grappe industrielle en intelligence artificielle est en formation. Les plus grands joueurs du monde investissent au Québec. Si notre leadership est réel, il est également fragile et ne tient qu’à quelques dizaines de personnes.

 

Le Conseil estime que le Québec doit élever ses ambitions et agir promptement pour étendre notre expertise et protéger nos intérêts. Le Conseil recommande :

  • Que le gouvernement du Québec, qui a engagé 100 millions $ sur 5 ans en intelligence artificielle, augmente sa mise et prolonge son investissement sur 10 ans;
  • Que l’investissement accru soit dévolu à 80 % au soutien à la recherche et à 20 % à la constitution de fonds public-privé destinés à investir dans des startups et à garder la propriété québécoise de nos champions en ascension;
  • Que les acteurs impliqués s’engagent rapidement dans le développement d’une force de travail en intelligence artificielle par des programmes de formation de premier cycle universitaire et de niveau technique, pour implanter à court terme des solutions d’intelligence artificielle dans les entreprises du Québec;
  • Que des initiatives de promotion soient menées auprès des jeunes pour stimuler l’intérêt envers une carrière en intelligence artificielle;
  • Que des recherches sociales sur l’impact de l’intelligence artificielle soient menées et que des stratégies soient élaborées pour requalifier les travailleurs potentiellement affectés.
Le Québec est possiblement à l’aube d’un succès historique dans un domaine révolutionnaire. L’effort doit être à la hauteur du potentiel.

L'accélérateur de succès

Au cours des travaux du Conseil, plusieurs interlocuteurs ont déploré l’absence de connexions internet haute vitesse dans certaines régions du Québec et même dans des zones industrielles. Considérant l’étendue du territoire, le défi est réel. Pourtant, plusieurs entreprises et institutions publiques se sont donné de tels moyens de communication en zone éloignée. Des modalités partage pourraient être envisagées afin de permettre d’autres connexions. Le Conseil croit que des solutions innovantes et collaboratives doivent être explorées pour régler ce problème.