Thème 1

Développer le talent et les compétences des Québécois

Ce sont les Québécoises et les Québécois qui font le succès du Québec et de ses entreprises. Cette évidence implique que tout doit être mis en oeuvre pour préparer les Québécois à l'emploi et rendre possible la rencontre entre ceux qui cherchent du travail et ceux qui cherchent des talents.

recommandations

# 1

Développer les compétences de base des travailleurs les plus sensibles aux changements technologiques pour maintenir leur employabilité grâce à une implication sans précédent des entreprises et de leurs partenaires

Bien que le Canada, incluant le Québec, fasse bonne figure au chapitre de l’éducation dans le palmarès de l’OCDE, 53 % de la population active (16 à 65 ans) québécoise n’atteint pas un niveau 3 de littératie, considéré par l’OCDE comme le niveau nécessaire pour occuper un emploi dans une économie développée. Ce sont des milliers de travailleurs qui sont menacés par les changements technologiques.

 

Le Conseil recommande une initiative de masse de développement des compétences de base qui serait un précédent dans le monde. Le balisage des expériences internationales a permis au Conseil de constater que la meilleure application d’alphabétisation au monde, le programme ABRACADABRA, était développée au Québec, par l’Université du Québec à Montréal et l’Université Concordia.

 

Le Conseil propose de développer, sur cette base, une application visant l’amélioration des compétences en littératie, en numératie et en résolution de problèmes dans un contexte technologique. Cette application, légère et conçue pour fonctionner sur des ordinateurs de plus de 10 ans, serait développée avec la collaboration des entreprises, proposée par les entreprises partenaires à leurs employés et rendue disponible gratuitement à tous les citoyens qui en sentent le besoin. L’objectif de cette recommandation est de protéger l’employabilité de milliers de travailleurs peu qualifiés.

# 2

Réunir ceux qui veulent un meilleur emploi et les entreprises qui cherchent des travailleurs bien formés en associant les cégeps et les entreprises dans un couloir de qualification rapide et repensé

Pendant nos travaux, de nombreux intervenants nous ont fait le même constat. Des travailleurs qui ont un minimum de qualifications (secondaire V ou l’équivalent) sont dans l’impossibilité d’améliorer leur situation parce que les parcours qui leur sont imposés sont trop longs et trop rigides pour des femmes et des hommes qui ont souvent des obligations familiales et financières, cela, pendant que des entreprises et des services publics ont des postes à pourvoir.

 

Le Conseil s’inspire du modèle allemand dual, réputé comme le meilleur au monde, pour recommander la mise sur pied d’un programme rapide d’emploi technique (PRET). Il s’agit d’un programme en alternance travail-études, dont les participants sont rémunérés au taux d’un apprenti, d’une durée de 12 à 18 mois. Le programme serait offert dans des domaines à forte demande de main-d’œuvre, dans toutes les régions. Il reposerait sur un partenariat étroit, dynamique et novateur entre les entreprises et les cégeps. Le programme mènerait à une attestation d’un niveau inférieur à un DEC courant.

 

L’objectif de cette recommandation est de permettre à des milliers de travailleurs d’améliorer leur situation, de faciliter l’intégration en emploi de travailleurs sous-représentés, notamment des immigrants et des Autochtones, de lutter contre les pénuries de main-d’œuvre, et de contribuer par une élévation des compétences, à la croissance des PME et à l’innovation en entreprise.

# 3

Attirer et retenir plus de talents en facilitant l’entrée en emploi des jeunes diplômés et l’enracinement des étudiants internationaux par l’offre d’un nombre croissance de stages et d’emplois réservés à la relève

Pour faire face à la diminution de sa population active causée par le vieillissement, le Québec doit assurer une intégration en emploi de ses jeunes diplômés, attirer une immigration économique et garder le plus grand nombre possible de talents. Le Conseil en appelle d’abord aux entreprises et à leur engagement envers la jeunesse du Québec afin qu’elles soient plus nombreuses à offrir des stages qui permettent une transition réussie entre les études et le marché du travail; il appelle aussi les institutions d’enseignement à développer les approches de type programme coopératif.

 

Le Conseil recommande également qu’une stratégie spécifique et améliorée soit élaborée pour qu’un plus grand nombre d’étudiants internationaux soient attirés et fassent ensuite le choix de rester au Québec. Montréal retient environ 20 % de ses étudiants internationaux (selon des données de Montréal international pour la métropole), alors que le taux de rétention (intention de faire une demande de résidence permanente) est de 50 % au Canada. Le Conseil estime qu’il s’agit d’une immigration idéale, formée ici, déjà intégrée. Le Conseil propose de leur réserver des stages rémunérés, dès la deuxième année d’études au cégep ou à l’université, avec pour condition préalable une bonne maîtrise du français. Le Conseil propose également de modifier les règles en vigueur pour que les universités et les cégeps aient un meilleur avantage financier à recruter et accueillir des étudiants internationaux.  Le Conseil propose enfin que les entreprises, le gouvernement et les établissements investissent conjointement dans la promotion internationale des études au Québec. Cette recommandation s’appuie notamment sur des initiatives en cours en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Nouvelle-Écosse.

 

L’objectif de cette recommandation est que le Québec puisse retenir de 7 000 à 10 000 étudiants internationaux par année. En 2015, 3 500 certificats de sélection du Québec ont été remis à des étudiants internationaux.

L'accélérateur de succès

Pour accroître la portée de ces recommandations, le Conseil estime que le Québec doit se donner un centre nerveux de coordination et de décision en matière de formation. L’objectif soit être d’anticiper les transformations du marché du travail, d’assurer une collaboration efficace entre les entreprises et les milieux de la formation et de l’éducation et de susciter l’innovation dans les apprentissages. La commission des partenaires du marché du travail est déjà un lieu de concertation utile, son rôle doit être renforcé.