Thème 3

Miser sur les forces du Québec

S'il est un fait commun aux économies les plus performantes, c'est qu'elles misent d'abord sur leurs forces, pour devenir meilleures dans ce qu'elles font déjà bien. Le Québec dispose d'atouts majeurs et nombreux qui ont été constitués au fil des ans.

recommandations

# 7

Affirmer notre leadership en énergie propre en accélérant l’adoption des véhicules électriques et des transports à faibles émissions afin de stimuler le développement d’entreprises dans cette nouvelle chaîne de valeur

Le Québec est dans une situation unique. Chez nous, l’adoption de véhicules électriques permet d’utiliser de l’énergie propre disponible et produite localement et de réduire nos importations de pétrole. Ce double gain n’existe pas ailleurs en Amérique du Nord.

 

Le Conseil propose d’accélérer l’adoption de véhicules électriques en ajoutant rapidement 2 000 bornes de recharge rapide aux 2 000 bornes standard déjà prévues. Même si seulement 6 % du temps de charge est effectué sur des bornes publiques, l’expérience norvégienne a démontré que c’est la présence de bornes publiques qui déclenche l’adoption de masse parce qu’elle répond à la crainte légitime de tomber en panne. Le Conseil propose aussi de hausser l’aide à l’achat, mais de la réduire dans le temps afin de déclencher l’adoption massive. Le Conseil recommande aussi d’accélérer la conversion des véhicules lourds aux carburants alternatifs comme le gaz naturel liquéfié, le gaz naturel comprimé et les biocarburants afin de mieux réduire les gaz à effet de serre et varier les moyens de substitution des produits pétroliers.

 

Le Conseil estime que le Québec est en mesure de viser 500 000 véhicules électriques sur ses routes d’ici 2030 et la conversion à des carburants alternatifs de 15 % de sa flotte de camions lourds. En intensifiant son action d’électrification et de décarbonisation des transports, le Québec stimulerait toute la chaîne de valeur, allant de la recherche appliquée, à la fabrication de véhicules et composantes, de bornes de recharge, de capteurs; des secteurs parallèles se développeraient autour de la revente de véhicules et du recyclage des batteries. La promotion des biocarburants aurait quant à elle pour effet de stimuler un entrepreneuriat écologique autour de la valorisation des déchets et rebuts.

 

Cette recommandation est appuyée par une analyse des pratiques en Norvège et d’autres pays d’Europe, l’action du gouvernement ontarien pour réduire les émissions polluantes et l’expérience du transporteur routier Groupe Robert.

# 8

Renforcer le positionnement du Québec comme plaque tournante du commerce international par la mise sur pied d’infrastructures logistiques de premier plan

Le commerce international est en progression et les ports de Montréal et Québec battent des records en termes de nombre de conteneurs et tonnes de vrac manutentionnés. Mais de grands pôles logistiques américains dotés de moyens énormes prennent une part grandissante du marché.

 

Pour faire face à cette concurrence et saisir de nouvelles opportunités, le Conseil recommande de rassembler nos forces par la création d’une société non gouvernementale de développement des chaînes logistiques selon une « vision Québec ». Cette société rassemblerait les décideurs des grands ports du Québec et les compagnies de transport ferroviaire et routier afin d’améliorer les capacités d’investissement, développer des projets d’infrastructures logistiques dans une approche stratégique et complémentaire et élaborer une offre de services distinctive et concurrentielle.  

 

Cette recommandation repose sur l’analyse des activités du port de Savannah en Géorgie et du grand pôle logistique continental KC Smart Port au Kansas. Elle vise à maintenir le positionnement concurrentiel du Québec en matière de logistique, attirer des investissements, et faciliter l’exportation des produits québécois.

# 9

Tirer avantage de nos ressources naturelles en commençant par faire de la relance du secteur forestier une réussite collective

Malgré les secousses, le secteur forestier affiche une forte résilience et demeure l’un des plus importants pourvoyeurs d’emplois en région et un important contributeur au PIB et aux exportations du Québec. Un travail majeur de mobilisation des acteurs a été fait dans la foulée du Rendez-vous national de la forêt de 2013 et d’un premier forum Innovation bois en 2016. Le Conseil estime qu’il y a une occasion à ne pas manquer et que la relance du secteur forestier est possible en y engageant tout le Québec. Le Conseil recommande d’agir sur deux fondamentaux économiques : stimuler la demande et faciliter l’investissement.

 

Pour stimuler la demande, le Conseil recommande d’encourager par des incitatifs fiscaux ou des modifications au Code du bâtiment l’utilisation du bois dans les projets de construction. Ces interventions pourraient cibler les entreprises, partout au Québec, dans la réalisation de leurs propres projets d’immobilisation ou de rénovation de leurs installations, comme leurs bureaux, points de service et sièges sociaux, mais aussi l’utilisation du bois dans des constructions multiétages. Le Conseil propose de positionner le Québec comme leader nord-américain des tours en bois en faisant de la plus haute tour de bois en Amérique (un édifice de 13 étages dont 12 en bois) qui sera inaugurée prochainement à Québec, une vitrine de notre savoir-faire.

 

Pour faciliter l’investissement, le Conseil recommande que les investisseurs institutionnels du Québec et des experts reconnus, forment un groupe concerté d’analyse spécifiquement destiné à identifier les créneaux stratégiques offrant les meilleures perspectives à long terme dans l’utilisation du bois autant que de la pulpe et des résidus. Les recommandations de ce groupe devraient ensuite être acheminées au gouvernement afin de constituer un fonds d’investissement stratégique, tel le Fonds mines et hydrocarbures, capable de mettre la mise de fonds initiale dans des projets porteurs, afin de les « dérisquer » et activer la chaîne normale d’investissement.

 

Le Conseil recommande enfin au Fonds Valorisation bois qui a des capitaux disponibles de chercher à saisir des opportunités, notamment dans les domaines des panneaux et du bois d’ingénierie. Dans ces domaines d’excellence du Québec, qui ne sont pas affectés par le conflit sur le bois d’œuvre, la demande est forte et le sera davantage avec la reconstruction nécessaire dans les États américains récemment éprouvés par les ouragans.

 

Cette recommandation s’appuie sur une analyse de la stratégie de développement finlandaise, sur l’usage de la biomasse dans la Vallée de la Matapédia, l’exemple innovant de Chantiers Chibougamau et le projet des Écocondos de la Pointe-aux-Lièvres.

L'accélérateur de succès

Le Québec a un potentiel de développement économique durable inexploité. Pour environ 10 ans à venir, il dispose d’une énergie propre excédentaire avoisinant les 12 TWh par année. Le Conseil recommande au gouvernement d’entamer une discussion avec les citoyens et les leaders économiques sur la meilleure manière de trouver preneurs pour notre énergie propre.