Thème 2

Stimuler la naissance et la croissance des entreprises

Le Québec affiche des réussites entrepreneuriales remarquables et les efforts de promotion des dernières années ont porté fruit. Le nombre de Québécois qui veulent tenter l'aventure de l'entreprise augmente.

recommandations

# 4

Amener nos meilleures PME à l’international en réunissant leurs dirigeants dans un forum de pairs pour qu’ils bénéficient de l’expérience de chacun

Si seulement 100 petites entreprises québécoises, soit moins d’une sur 2000, passaient à un statut de grande entreprise, le PIB du Québec augmenterait de 9 %, une hausse de 33 milliards de dollars. L’entrepreneuriat consiste à faire naître des entreprises, mais aussi à les faire grandir.

 

Le Conseil croit que pour avoir des résultats, les meilleurs doivent encadrer les meilleurs. Le Conseil propose la formation d’une équipe étoile des PME du Québec, le Réseau200. Il mettrait en présence des dirigeants de PME rentables, en activité depuis au moins deux ans, avec des revenus supérieurs à 5 millions de dollars et qui frappent à la porte des marchés internationaux. À la différence des programmes existants, le Réseau200 réunirait des entrepreneurs qui en sont à un même stade de développement et ils seraient parrainés par des pairs du monde des affaires qui ont vécu et vaincu les défis reliés à l’internationalisation. Les participants seraient conseillés, formés, encadrés pour réussir.

 

Cette recommandation a pour objectif de faire émerger de nouveaux champions, d’augmenter les exportations, et de stimuler l’ambition chez les entrepreneurs québécois. Elle est inspirée du QG100, forum prestigieux des dirigeants de grandes entreprises.

# 5

Accélérer l’adoption des technologies numériques par un effort à multiples niveaux allant de la sensibilisation et l’accompagnement à l’amélioration de l’accès aux données, à la réalisation de projets pilotes dans les services publics.

Depuis le début des années 2000, l’accélération des innovations technologiques a été l’élément déterminant de l’amélioration de la performance des entreprises, faisant apparaître un fossé grandissant entre celles qui ont été capables de suivre la cadence et les autres. Un tel écart existe au Québec, comme ailleurs.

 

Le Conseil recommande une action à tous les niveaux pour aider ceux qui ne savent pas par où commencer et faciliter la vie à ceux qui s’y connaissent déjà. Plus précisément, le Conseil propose :

  • D’organiser une « tournée numérique » afin de montrer des applications de technologie numérique en entreprise, démontrer les gains qui peuvent en découler et présenter des méthodes d’évaluation des besoins et de mise en œuvre de projets d’implantation;
  • D’améliorer l’accès et l’uniformisation des données ouvertes pour soutenir l’entrepreneuriat numérique et de confier à l’Institut de la statistique du Québec le mandat de la gestion des données ouvertes selon les meilleurs standards technologiques et éthiques;
  • De lancer des projets pilotes à échelle locale d’intégration des technologies numérique dans les services publics, notamment dans le réseau de la santé, afin d’améliorer les services à la population et instiller de l’innovation dans l’offre de services publics.

Cette recommandation est appuyée par l’expérience de la tournée de mobilisation « Manufacturiers innovants », l’organisme public du Royaume-Uni Transport for London et le plan suédois d’intégration des technologies numériques en santé. Elle a pour objectif de stimuler l’innovation et l’investissement et d’améliorer la productivité des entreprises.

# 6

Rendre les achats gouvernementaux plus structurants pour l’économie et plus avantageux pour les PME innovantes en passant du « plus bas soumissionnaire » à l’approvisionnement gouvernemental stratégique

Au Québec, la règle cardinale d’attribution des contrats publics est celle du plus bas soumissionnaire conforme. Cette approche est critiquée par un nombre croissant d’experts, économistes et entrepreneurs qui la jugent contre-productive, parce qu’elle ne valorise pas la qualité et parce qu’elle se révèle réfractaire à l’innovation. Le Conseil partage cette analyse. De nombreux gouvernements à travers le monde font évoluer leurs politiques d’achat vers « l’approvisionnement gouvernemental stratégique ». Il s’agit d’analyser les propositions selon leur valeur globale faisant du prix l’un des critères d’analyse mais non le seul; il s’agit aussi de faire des appels d’offres sur la base d’un problème à résoudre plutôt que d’un cahier des charges à remplir afin de susciter de l’innovation et permettre à de nouveaux joueurs de se faire valoir.

 

Le Conseil recommande au gouvernement d’implanter graduellement un approvisionnement gouvernement stratégique dans les ministères et organismes publics sur la base de concours et de projets spéciaux. Ces initiatives devraient viser à répondre aux besoins du gouvernement et des citoyens, à stimuler l’innovation sous toutes ses formes (technologique, architecturale, organisationnelle ou sociale), à permettre à des PME innovantes d’acquérir une expérience propre à stimuler leur croissance, et à constituer un rapport qualité-prix juste pour le gouvernement et les citoyens.

 

Cette recommandation est appuyée par l’expérience des gouvernements australien et néozélandais et un programme américain (SBIR), reconnu par l’OCDE comme « pratique exemplaire » en la matière. Elle aurait aussi pour effet de valoriser le rôle de la fonction publique dans l’analyse stratégique des solutions.

L'accélérateur de succès

De plus en plus de Québécois sont tentés par l’aventure entrepreneuriale et cette tendance doit être encouragée. Le Conseil croit que le mouvement de regroupement des organismes d’aide à l’entrepreneuriat qui a été amorcé doit être poursuivi. Plus de 1 000 organismes sont actifs dans ce domaine au Québec et la qualité de l’accompagnement est variable. Un regroupement bien pensé pourrait améliorer la qualité de l’accompagnement et augmenter les chances de réussite des entrepreneurs.